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Test : la réserve naturelle de Sclaigneux

Ni la grisaille, ni le froid ne peuvent vous retenir quand  vous souhaitez découvrir la belle nature de notre pays ? Bienvenue au club ! Par ce temps tout à fait automnal, nous avons décidé de nous rendre dans la réserve naturelle de Sclaigneux. Vous voulez vous aussi savoir à quoi ressemble le parcours ? Suivez-nous !

Dans notre nature, la taille ne fait pas tout ; cela convient d’ailleurs très bien à la réserve naturelle de Sclaigneux, qui avec seulement 51 hectares renferme une richesse biologique hors du commun. Peut-être à cause de sa situation et des ressources exploitées par l’homme dans la région au fil des siècles. Dans l’Antiquité et au Moyen-Âge, on y extrait le fer et le plomb, mais c’est surtout le XIXe siècle qui marquera le paysage avec l’installation d’une fonderie de zinc. Les cheminées utilisées dans le traitement des métaux rejettent des métaux lourds et provoquent des pluies acides qui changeront la composition du sol – et la flore qui y poussera. Aujourd’hui, la réserve est principalement composée de pelouses de graminées. Un paysage parfait pour une balade automnale par temps grisâtre.

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Nous partons donc en direction d’Andenne et nous parquons rue Saint-Joseph après avoir traversé le village de Landenne. La réserve est indiquée par un panneau, mais mieux vaut être vigilant car il n’est pas très visible. Nous nous garons tout de suite après avoir tourné ; un emplacement dédié aux véhicules a été prévu au début de la réserve. Pour entrer dans la réserve, nous longeons des terrains agricoles. Le paysage a un petit charme à l’ancienne malgré le ciel gris de saison. La balade sera vivifiante : c’est tout ce que nous voulions ! Nous voyons rapidement pourquoi le site a été modifié par l’industrie, car des usines sont toujours en activité en contrebas. Comme il a plu au cours des derniers jours, le chemin est assez boueux, mais tout à fait praticable. Les poussettes et fauteuils roulants sont tout de même à déconseiller, car le faible dénivelé sera difficile à franchir. Nous arrivons devant le panneau indiquant les différents itinéraires qui peuvent être suivis. Nous optons pour le circuit piéton de 4,9 km, mais sachez que vous pouvez suivre un itinéraire de 11,80 km ou opter pour la randonnée cycliste (26 km) ou même équestre (21 km).

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Une biodiversité haute en couleurs

Le début de notre parcours se fait dans les bois. Le chemin monte un peu en pente douce et nous amène à un premier panorama sur la vallée de la Meuse. Nous poursuivons et longeons de drôles de gisements calcaires qui forment de petits monticules créés par des squelettes d’animaux marins morts il y a 330 millions d’années. Nous traversons une autre portion forestière et je m’arrête pour tenter d’identifier le chant des oiseaux grâce à BirdNET. L’application m’apprend que les petits piaillements sont dus à un roitelet. Je me tiens immobile et silencieuse quelques instants pour enfin apercevoir de minuscules silhouettes qui me survolent.

Au printemps, 9 espèces d’orchidées sauvages différentes sont à admirer sur le site, dont le superbe orchis guerrier, l’épipactis à larges feuilles, l’orchis de Fuchs et l’ophrys abeille. Cela nous donne envie d’y revenir l’année prochaine pour avoir la chance d’observer ces fleurs si particulières. Nous pénétrons ensuite sur les fameuses pelouses de graminées du site ponctuées de bouleaux. Ici, la vue sur la Meuse et les collines qui l’entourent est plus dégagée. Pour éviter que les arbres n’envahissent tout le paysage et que les espèces si précieuses qui ponctuent la région ne disparaissent, des actions de gestion sont organisées par Natagora afin d’évacuer les arbres. Grâce à la végétation rase, le site accueille également des criquets à ailes bleues et des cicindèles.

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En cette saison, point d’insectes àobserver, mais de jolis champignons aux chapeaux colorés sont bien présents sur les bords du chemin. Du lichenorne aussi les pelouses. Nous passons ensuite à côté d’une sablière, une autre ressource à la valeur incommensurable puisqu’elle abrite des abeilles solitaires et des pipits des arbres. Peu après, le paysage change à nouveau subrepticement et nous nous retrouvons dans la lande à bruyère dont les callunes doivent illuminer la végétation avec leur belle couleur au mois d’août. Quelques bouleaux et des pins sont plantés en bordure et au milieu de la lande, silhouettes blanches et noires qui se détachent sur les herbes jaunes en cette saison.

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Et des biotopes très différents

Nous traversons encore un dernier milieu : la pinède. Les pins noirs et les pins sylvestres non indigènes ont été cultivés ici pour être coupés pour la production de charbon, mais sont aujourd’hui toujours présents et servent de refuges pour des espèces tout aussi rares comme le pic noir. En à peine quelques kilomètres, nous avons donc eu le loisir d’observer plusieurs milieux tous très différents les uns des autres, dont chacun abrite des espèces rares et protégées. En bref : à refaire à différentes saisons pour voir toute la richesse du site !

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En pratique

Adresse : rue Saint-Joseph, Landenne

Parking : il y a un petit parking au début de la réserve

Parcours à suivre : nous avons suivi le rouge

Distance : 4,9 km ou 3 km si vous prenez le raccourci.

Durée : environ 1h30

Difficulté : facile

Espèces à observer : diverses orchidées, criquet à ailes bleues, plusieurs abeilles sauvages, cicindèles, cladonias (lichen), pipit des arbres, argiope frelon, bondrée apivore, ammophile des sables, bruant jaune, pic noir…

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